La curation, classer, archiver et distribuer l’information

Alors vous vous demandez sûrement, comme ça a été mon cas, d’où vient ce terme. Il semble que l’origine du mot soit plutôt anglo-saxonne (ah bon ?) et vienne de « curator » qui signifie « gardien de l’héritage culturel ». En anglais, un curator est un conservateur (de musée, pas de denrées alimentaires !).  Le curator rassemble et organise différents éléments afin d’en constituer une collection cohérente pour la présenter au public. La curation est donc le métier du curator. Bref, sur le Web il s’agit d’une méthode de veille sur Internet apparue en 2010 et qui peut s’apparenter à une forme de revue de presse digitale (on dit veille informationnelle), c’est la curation Web.

Trop d’infos tue l’info

Le Web est un outil formidable, nous sommes d’accord. Mais l’explosion du nombre de contenus mis en ligne rend cet outil particulièrement délicat à utiliser. Où trouver la bonne information ? D’ailleurs, est-ce vraiment la bonne information ? Comment ne rien rater des dernières nouveautés d’un domaine particulier ? Comment se tenir réellement au courant de tout sur un sujet donné ? Vous l’avez compris, il faudrait des heures pour répondre à ces questions. Et ces heures, nous ne les avons pas (en plus, il faut jouer à POKEMON GO !).

Des journalistes (je suppose) ont donc eu l’idée d’adapter au numérique ce qu’ils faisaient dans le monde réel : une revue de presse. En parallèle, des scientifiques (je suppose encore) ont désiré mettre en place un système efficace de veille documentaire. Pour finir, des bibliothécaires (je subodore toujours) ont imaginé un moyen de vérifier, de conserver et de classer les données, innombrables, qui apparaissaient chaque jour sur Internet. Ainsi est née la curation. Pour faire que trop d’infos ne tue pas l’info.

La curation de contenu, un travail de fourmi

Maintenant que vous savez de quoi il s’agit, vous commencez à imaginer la masse de travail que cela peut représenter et donc le service que des outils de curation peuvent apporter. C’est un travail long et fastidieux mais qui, grâce à l’informatique, devient beaucoup plus facile à réaliser. Donc, plusieurs services en ligne sont nés pour aider. Aujourd’hui, de nombreuses plateformes existent dont une française (cocoricco !). Vous pouvez aussi utiliser PearlTrees, un autre excellent outil de curation. D’ailleurs, rien ne vous empêche d’utiliser ces deux medias sociaux, ce sera encore plus efficace ! Mon outil de veille préféré est donc le Français : SCOOP.IT imaginé et créé par Marc Rougier (re-cocoricco !).

Ces plateformes vous permettent de devenir, assez facilement, curator des contenus qui vous intéressent et de les offrir à vos internautes. Un moyen assez simple de produire du contenu pertinent pour son site Web et ses réseaux sociaux, au final. C’est donc une bonne idée pour améliorer le content marketing de sa stratégie digitale.

Pour infos, la curation Web relève du Community Management (social media).

La curation, définition en 6 étapes

La base, c’est évidemment la collecte des informations. Il s’agit d’abord de faire une veille documentaire efficace et régulière, de choisir et classer l’information avant de la partager. Et là, vous vous dîtes que c’est probablement long et compliqué. Alors, je vous explique comment je pratique et vous verrez qu’une fois bien en place, ma méthode ne me demande pas plus d’une heure par semaine.

Pratiquement comment ça se passe ? Et bien il s’agit d’une démarche de documentaliste composée de six étapes bien identifiées.

1/ Choisir ses sources

Phase indispensable de la collecte de données, c’est le choix des sources. Après plus de deux décennies à traîner sur le Web, je connais les principales sources fiables, francophones ou anglophones qui concernent mon domaine. Mais ce n’est peut-être pas votre cas. Quoique…

Vous connaissez les concurrents, les principaux fournisseurs et les influenceurs de votre secteur d’activités, ça c’est certain. Et bien commencez par eux. Certains d’entre eux, notamment les institutionnels, publient des informations pertinentes pour votre secteur sur leur sites et sur leur réseaux sociaux. Ils citent probablement d’autres sources de données. Voilà un excellent démarrage.

2/ Récupérer l’information

Vous n’allez pas visiter les sites qui vous intéressent tous les jours, ce serait long et pénible. Pour ma part, j’utilise un agrégateur de flux rss (oups, c’est quoi ?). C’est un outil gratuit que vous pouvez facilement ajouter à votre navigateur et qui se chargera de récupérer l’ensemble des infos qui vous intéressent et vous les présentera sous forme condensée. Il en existe plusieurs, mais ma préférence va vers FEEDLY. Vous pouvez aussi utiliser NETVIBES qui est très pratique.

Armé de cet outil, vous avez réussi votre première étape : l’information qualifiée va pouvoir arriver jusqu’à vous.

3/ Vérifier l’information

Si vous avez bien sélectionné vos sources, cette étape n’est pas la plus longue. Mais je conseille quand même de vérifier les informations que vous re-publierez. C’est votre crédibilité, et donc votre notoriété, qui est en jeu. Alors, soyez méfiant, le Web reste le Web.

4/ Classer l’information

Votre info est vérifiée, il vous reste à la classer. En effet, des plateformes spécialisées permettent de créer plusieurs pages thématiques de votre choix. Un comptable pourra, par exemple, créer une page « fiscalité » et une autre « application du droit social ». Un artisan du bâtiment pourra imaginer une page « réductions d’impôts » et une autre « dernières techniques d’isolation ». Bref, vous avez compris le principe.

Cette classification aura deux impacts. Le premier, évident, sera d’apporter à vos lecteurs-abonnés l’information qu’ils souhaitent dans le domaine qui les intéressent. Le deuxième sera plus technique : les moteurs de recherche vous identifieront plus facilement comme un acteur majeur dans votre secteur. Car, il faut le préciser, l’utilisation de ces plateformes dédiées a un impact non-négligeable sur le référencement de votre présence en ligne.

5/ Archiver l’information

Sur ce point, je ne vais pas m’étendre plus que ça : c’est la plateforme qui s’en charge. Mais retenez que cette possibilité vous permet de conserver une trace des articles qui vous ont intéressé au cas où vous voulez vous y reporter de nouveau, et c’est très pratique.

6/ Distribuer l’information

Une fois que votre page thématique est en ligne, il faut la faire connaître. Alors partagez-là sur votre site et sur vos réseaux sociaux. Les plateformes proposent des outils très simples pour le faire automatiquement.

Mon conseil qui vaut de l’or : ne re-publiez jamais sèchement un article. Commentez-le, critiquez-le (constructivement), bref mettez-y votre patte.

Un exemple d’utilisation de Scoop It

Avantages et inconvénients

Les inconvénients

  • Le premier inconvénient qui me vient à l’esprit, c’est le risque de duplicate content. Effectivement, en mode « bourrin », le risque est très élevé de reproduire un contenu déjà publié sur le Web. Outre les éventuels problèmes liés aux droits d’auteur, Google n’aime pas ça, mais alors pas du tout;
  • Le deuxième inconvénient vient du fait que vous devez vous démarquer des autres curators. Là aussi, il faut faire preuve d’inventivité et imaginer une revue de presse différente et utile. Oubliez les automatisations, mapping et publications sans intérêt.

Les avantages

  • Le tout premier avantage vient du fait qu’en tant que curator, vous verrez votre notoriété augmenter et vous serez reconnu comme expert de votre domaine;
  • Vous pourrez commenter, sans être modéré, l’information que vous publiez;
  • Votre compétence sera reconnue car vous semblerez (et ce sera le cas) être toujours le mieux informé;
  • Vous fidéliserez vos clients;
  • Vous vous ferez connaître de nouveaux prospects;
  • Vos pairs vous identifierons comme un des leurs;
  • Votre e-réputation sera améliorée;
  • Vous ferez une veille stratégique utile à vos affaires;
  • Vous améliorerez le SEO de votre site.

Commencez maintenant !

Voilà, vous savez pourquoi, la curation est devenue une méthode utile à une bonne stratégie de webmarketing, et plus précisément de knowledge management. Alors, à vous de jouer, vous savez tout. Ou parlez-en à votre community manager, il saura quoi faire.

Ah oui, j’allais oublier, penser à vous abonner à ma revue de presse en ligne, c’est ici et c’est sur Scoop It !

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